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    Nous sommes déconfinés  en liberté surveillée. J'entends beaucoup de gens se plaindre, à la radio .

    Ets- ce que c'était vraiment su dur de se retrouver en famille, de rédécouvrir ses enfants, de passer des moments tous ensemble , de prendre le temps de parler , d'admirer la nature pour ceux qui sont dans la campagne, d'apprécier le silence pour ceux qui habitent en ville ?

    Je plains les animaux qui vont être obligés de retourner se confiner dans les bois , eux qui avaient fini par croire que la race des humains était éteinte et que le monde leur appartenait à nouveau ...

    Il me surveillait pendant que j'escaladais un rocher pour   trouver la sortie .

    Je suis partie dans la maquis  pour découvrir des coins de mon village que j'avais oubliés  ...

    Pour nous îliens le déconfinement n'est pas tout à fait le même: interdiction de prendre l'avion ou le bateau sauf raison impérieuse ...

    Je vous souhaite une bonne semaine et soyez prudents

     

     

     

     

     

     


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  • un article de Pierre-Jean Luccioni , animateur radio et télé et écrivain qui recueille toutes les traditions  de la Corse .

     

    « E TUNDERE DI MAGHJU »
    Si le mois de mai qui commence est le mois de Marie, il est aussi celui di « e tundere» (la tonte des brebis) qui seront cette année fortement perturbées par les contraintes du confinement. « A tundera » (la tonte des brebis) était « una operata » (œuvre collective) qui a longtemps marqué la vie des communautés pastorales. Elle se situe au mois de mai, une période clé pour les bergers qui se préparent à quitter « a piaghja » pè « a muntagnà » (la transhumance). Un voyage parfois périlleux à cause des orages fréquents au mois de mai sur la route de l’estive.
    Les tondeurs se glissaient dans des grands sacs de jutes pour ne pas se salir et ils tondaient assis sur le sol. La tonte était aussi l’occasion d’accomplir de vieux rites païens ou religieux pour bénir et protéger le troupeau à la fin de la tonte. De l’eau est versée dans « u tinellu » (seau à traire), les tondeurs se lavent les mains et nettoient leurs forces (ciseaux) imprégnées de suint. À l’aide d’un goupillon, confectionné avec de la laine de différentes couleurs fraîchement tondue, le propriétaire bénit les brebis tondues en récitant « a pricàntula » (prière) à haute voix. Les formules varient selon les régions ou les bergers.
    Ces « prières » sollicitent l’aide des forces protectrices qui régissent la nature. Avec de multiples variantes, ces « pricàntule » étaient communes à tous les bergers corses.
    « Pècura bianca, pècura nera,
    Partite a mane,
    Ghjunghjite a sera,
    Criscite e empiite terra.
    Andate in valle nove,
    Manghjate erbe bone,
    Gattive un’hè manghjate,
    Crescite e multiplicate ».
    (Brebis blanche, brebis noire, pars le matin et reviens le soir, va brouter dans les riches vallées, laisse les mauvaises herbes ! Allez dans les vallées herbeuses, mangez les bonnes herbes, laissez les mauvaises, croissez et multipliez-vous !)

    Les bergers demandaient parfois au curé de la paroisse (photo, bénédiction du regretté abbé Tagliazzuca) de se déplacer pour bénir le troupeau. Dans le cas contraire, le berger « bénisseur » implorait la protection de saint Pierre, de saint Martin et surtout de Sant’Antone, le saint protecteur de référence des bergers corses

    Aujourd’hui avec les solidarités communautaires qui se distendent, les tontes sont de plus en plus mécanisées. Mais il reste encore des irréductibles qui perpétuent les traditions.

    Des équipes de tondeurs viennent du Continent pour tondre les brebis. Ces nouvelles pratiques ont vidé la tonte traditionnelle de son contenu, une tonte qui était porteuse d’amitié et de solidarité pourtant si nécessaires en ces temps de confinement. 

     

    Bon week end à tous

     

     


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    Nous avons rendu hommage, modestement,   à toutes celles et tous ceux qui sont sur le front

    Les cistes bavent   de  plaisir (?) ,avant de faire des fleurs.

    Les cyclamens fleurissent dans le sous-bois.

    Les lampadaires attendent le soir pour fleurir

    Le clocher domine le village

     

    Le village au soleil du matin

     

    Pauvre objet du temps passé...abandonné...

     


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  • La situation actuelle peut parfois créer de quiproquos assez drôles.  Voici une petite anecdote qui s'est déroulée , l'autre jour  dans un petit village près du mien .

    Quiproquo

     -Chantal, si vous saviez  ce qu'il m'arrive  ! s'écrit Daria    dès que ma fille met un pied dans sa maison.

    -Que se passe-t-il Daria ? Il y a le feu ?

    - Si vous saviez ! Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit.

    - J'ai 85 ans. Je n'ai jamais trompé mon mari  en 65 ans de mariage. C'est la honte pour moi.

    -Mais enfin, Daria ! Personne n'a dit que vous avez trompé votre mari !

    - Oui, je vous dis. Tout le village va le croire .

    Mon fils vient de m'appeler ;il m'a grondée. Ma nièce l' appelé pour lui dire   que j'ai embrassé  José !

    - Mais ce n'est pas grave voyons. C'est votre petit cousin.  Ce n'est pas pour une bise sur la joue  ,que vous trompez votre mari, enfin

      - Vous vous rendez compte? José, c'est comme mon fils  !  Mais pourquoi ,il m'a grondée alors?

    Il s'imagine des choses !  Je suis déshonorée.  Et mon mari ? Qu'est- ce qu'il va penser de moi ? (Le mari a 98 ans )

    -Mais non Daria ! Votre fils ne s'est pas imaginé que vous avez trompé son père. Il vous a grondée  parce que vous avez été imprudente : vous n'avez pas respecté les gestes  barrière  . On n'embrasse plus personne à cause du coronavirus.

    - Vous croyez que c'est juste pour ça ?

    - Mais oui. Personne ne va penser que vous avez trompé votre mari .

    -Ah! Bon ! Ouf! Je respire  ! Mon honneur est sauf !


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  • Comme je suis un peu paresseuse ce matin, je vous mets encore un texte de ma fille  qui sait traiter avec humour les évènements de sa vie quotidienne .

    Enterrement

    Chez nous, il y a deux choses avec lesquelles on ne plaisante pas. Les élections et les enterrements.

    (Voilà) (c'est tout) (il fallait bien que je le dise un jour ou l'autre) (pour une fois que je fais bref)

    Bon.

    Je ne devais pas aller à cet enterrement, je ne connaissais pas la morte. (Fichu karma). Mais ma mère me dit tout le temps "on ne va pas aux enterrements pour les morts, on y va pour les vivants" (si toi aussi ça te laisse pantois(e), tape dans tes mains). Du coup je passe beaucoup de temps à aller à des enterrements (limite bientôt je passe pour une fétichiste des cercueils) (les croque-morts me regardent d'un mauvais œil).

    Il y a une dizaine de jours, un homme que je connais bien a perdu sa sœur. Une crise cardiaque. Du coup, comme lui est vivant, je suis allée à l'enterrement (si tu ne comprends pas ma phrase, appelle ma mère).

    Cela se passait dans une petite église dans laquelle je n'étais encore jamais allée (je ne connais pas toutes les églises de mon pays), et j'étais accompagnée pour l'occasion par une vieille dame qui tenait aussi à assister à cet enterrement (c'est mon quatrième enterrement avec elle) (fétichiste aussi probablement) (on va monter un club).

    Il y avait un monde fou, il faisait chaud, je ne connaissais personne (sauf la dame qui était avec moi) (encore heureux), l'église était compliquée d'accès et je ne voulais pas demander mon chemin

    .Alors après avoir garé la voiture, et la vieille dame accrochée à mon bras, je suis passée devant tout le monde et suis partie d'un pas décidé sur un chemin qui bien évidemment ne menait que vers une bergerie désaffectée (les gens présents ont dû se demander ce qu'on allait faire dans cette bergerie un jour d"enterrement).

    Je vous passe notre retour sous les regards goguenards, toujours d'un pas décidé, mais avec des chaussures boueuses en plus, et la dame qui me demandait "-mais qu'est-ce que nous sommes allées faire là-haut ?" question à laquelle j'ai choisi de ne pas répondre, n'ayant moi-même aucune idée de ce que nous étions allées faire là-haut (je ne suis pas une encyclopédie).

    Nous sommes donc parties de l'autre côté. Qui s'est en fait avéré être la direction du cimetière (dix minutes de marche avant de comprendre). Je vous passe notre re-retour sous les regards apitoyés et la dame qui me demandait "-mais que sommes-nous allées faire au cimetière ?"question à laquelle j'ai choisi de ne pas répondre, n'ayant encore une fois moi-même aucune idée de ce que nous étions allées faire là-bas (je vais où je veux) (je suis une femme libre).

    La dernière tentative a été la bonne (il suffisait d'aller tout droit). Comme souvent chez nous, le cercueil était ouvert (ça évite les erreurs). Les gens présents autour discutaient entre eux, j'ai embrassé quelques personnes, certaines ont eu l'air surpris (moi aussi) (on ne peut pas toujours viser juste) et puis j'ai attendu en regardant le cercueil.

    Une grosse mouche verte est sortie du cercueil. Elle s'est mise à tourner autour du visage de la morte. Moi j'attendais que quelqu'un réagisse mais les personnes présentes continuaient à discuter entre elles, et cette mouche verte qui bzzzeutait bruyamment au-dessus de ce visage, c'était juste horrible.

    Quand elle s'est posée sur le front, je l'ai chassée. Mais elle est revenue. Elle s'est posée sur la joue et alors j'ai balancé la main pour la chasser. Et ça a fait POK. et tout le monde s'est arrêté de parler,et tout le monde m'a regardée.

    La dame qui m'accompagnait a dit "-mais pourquoi vous avez donné une gifle à la morte ?"

    (Moi je ne donne jamais rien. Alors des gifles, à des gens que je ne connais pas, et qui en plus sont morts...)

    J'ai expliqué que je ne l'avais pas giflée, que je chassais une grosse mouche verte, que la mouche (volatilisée) devait se planquer sous le linceul, qu'ils n"avaient qu'à regarder. Personne n'a voulu regarder sous le linceul.

    La dame voulait assister à la messe. Je me suis mise au fond de l'église. Y'a un monsieur qui est venu se mettre à côté de moi et qui m''a demandé pourquoi j'avais giflé la morte. j'ai parlé de la mouche. Pendant la messe, il y avait tellement de gens qui me regardaient que j'ai cru que c'est moi qui étais morte.

    Sur le chemin du retour la dame est restée silencieuse, je crois qu'elle avait peur.

    Chienne de vie.

     


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